samedi 30 avril 2016

Tomber enceinte aux USA : oui je sais, je ne vous avez même pas prévenus…


Alors pour ceux qui ont lu le titre et ont trouvé que mon blog devenait très intéressant tout d’un coup, voir s’y sont abonné instantanément, voir allaient exiger que je publie un livre compilations avec photos a l’appui ; non, je ne vais pas vous expliquer comment on fait pour tomber enceinte aux États-Unis… c’est pareil qu’en France…

 

Pour le reste, je ne sais pas si c’est pareil puisque je n’ai jamais eu de bébé en France. Ceux qui s’y connaissent mieux que moi pourront rajouter des commentaires en bas.

 

Procédons donc par étapes :

 

1.    Étape 1 : confirmer que si vous avez vomi sous la douche ce matin, c’est bien parce que vous etes enceinte et non parce que vous avez bu un verre de trop la veille.

 

Aussi facile que cela puisse paraitre, c’est bien plus compliqué qu’on le croit… Donc la meilleure façon que j’ai trouvée, a été d’acheter un test de grossesse au supermarché. Ils sont vendus dans n’importe quel supermarché par deux. J’ai acheté les moins chers puisque je pensais que les crampes, les nausées, les vomissements le matin, les seins qui gonflent et les règles en retard étaient du a une infection urinaire… (oui… j’ai cru ca…). J’ai donc fait un premier test au petit matin qui a été tout de suite positif. Comme ils disent d’attendre 2 à 3 minutes pour lire le résultat et que le miens était positif en 2 ou 3 secondes, j’ai cru que le test était cassé… j’ai donc fait le deuxième (c’est aussi là que j’ai compris pourquoi ils sont vendus par deux). Comme le deuxième était positif aussi en 2 ou 3 secondes et que je pensais avoir une infection urinaire, je me suis dit que les tests n’étaient juste pas assez chers. Je suis donc partis au supermarché à 7h du mat, un samedi matin, habillée n’importe comment et sans maquillage (chose que je n’avais jamais faite et ne pensais jamais faire… comme quoi, je devais me douter de quelque chose…). J’ai donc acheté la paire de test la plus chère… le premier était positif, le second un peu moins puisque pour faire le test il faut uriner… or, pour uriner, il faut boire (de l’eau !), et que plus on boit, moins les hormones testées sont concentrées et donc moins on est enceinte… deux tests de plus et j’aurais confirmé (et guéri !) mon infection urinaire ! Voilà… c’est donc là que j’ai commencé à paniquer !

 

J’ai donc sauté sur mon téléphone, consulté le site internet de mon assurance santé et appelé tous les gynécos de la liste (pour consulter un médecin, il faut d’abord consulter la liste de votre assurance santé. Si vous allez voir un médecin qui n’est pas dans la liste, c’est à vous de payer. Or, vu le prix, même en totale panique comme moi, vous avez tout de même la lucidité de consulter la liste…). Le problème est que le samedi, les cabinets de gynécologie sont fermés…

 

La Sandrinette complètement paniquée : « quoi ????!!!! Ça veut dire que je dois rester enceinte tout le weekend sans voir un gynéco en urgence ?????!!!! ».

 

J’ai donc pris sur moi et le lundi à 8h, j’ai rappelé tous les gynécos de la liste.

 

Premier gynéco :

La secrétaire : « désolée, on ne fait pas les femmes enceintes ici »… un gynéco qui ne fait pas les femmes enceintes… s’il ne fait pas les femmes enceintes, il fait quoi alors ????

 

Deuxième gynéco : « Désole, on ne fait pas les femmes enceinte ici… »

 

Troisième et quatrième gynéco pareil… c’est ainsi que j’ai découvert qu’en fait aux usa, il y a une différence entre les gynécos et les obstétriciens… les obstétriciens s’occupent des femmes enceintes, les gynécos… je ne sais pas… il faudra leur demander…

 

Je change donc de tactique et j’appelle les obstétriciens de la liste de mon assurance.

 

Premier obstétricien :

La secrétaire : « Oui, on peut vous prendre le 11 mai »

Moi : « Dans un mois ????!!!! Ah non, ce n’est pas possible ! Je suis enceinte maintenant !!! ».

J’appelle donc un autre obstétricien qui me dit la même chose, puis un troisième qui accepte (gracieusement) de me prendre le 5 mai… soit trois semaines plus tard…

 

Voilà donc en gros, les obstétriciens refusent de vous voir avant au moins 8 semaines de grossesse. Avant ça, les risques de fausses couches sont trop importants donc, en gros, ils ne veulent pas perdre leur temps… (Sympa l’ambiance !). Je suis donc, enceinte et vomissante, à l’autre bout du monde, ne pouvant plus entrer ni dans ma cuisine, ni dans un super marché sans devoir courir aux toilettes pour vomir, avec des crampes dans le bas du ventre, et une fatigue générale terrible qui me rend a moitie handicapée, et personne qui veut me voir pour confirmer ma grossesse ou me faire une prise de sang !

 


 

A force de chercher sur Google : « enceinte + quoi faire + Denver », après avoir appelé deux cliniques d’avortement à mon insu (oui parce qu’ils ne disent pas « clinique pour avorter » mais, « tu es enceinte ? Appelle nous, nous pouvons t’aider »... la nana au téléphone m’a prise pour une folle… « vous avez 30 ans, vous êtes enceinte et vous voulez le garder ?... ben appelez un obstétricien ! »), après donc de longues recherches, je tombe enfin sur « Denver Health, test de grossesse et consultation gratuits ».

 

Je prends donc rendez-vous. La petite infirmière est bien gentille, me fait faire un test d’urine et me pose plein de questions. (Je me sens enfin écoutée !). Elle part donc avec mon gobelet d’urine (la classe...je sais) et me laisse seule dans la petite pièce. Deux secondes plus tard, elle reouvre la porte : « au fait, maintenant que j’ai votre urine dans les mains ( !), donnez-vous votre consentement pour faire aussi un test de gonorrhée et chlamydias qui sont de toute façon obligatoire lorsqu’on est enceinte ? ». Réponse de la Sandrinette : « Ah ben oui, tant qu’on y est ! ».

 

Le « Ah ben oui, tant qu’on y est ! » arrivera trois semaines plus tard sur une facture de « Denver Health : test de grossesse gratuit ( !) » : 470.01$ les deux tests, pris en charge partiellement par mon assurance, à ma charge donc 109.60$... Le « Ah ben oui, tant qu’on y est ! » m’aura donc couté 109.60$... Je conseille donc à quiconque  qui aurait l’idée de s’expatrier aux usa, de na pas apprendre à dire la phrase : « Ah ben oui, tant qu’on y est ! » en anglais… ça vous fera des économies….

 

Voilà donc ce qui nous conduit au deuxième point : qui paye quoi aux usa ?

 

2.    ÉTAPE NUMERO DEUX : l’assurance maladie aux usa c’est comme le pec citron, « quand on croit qu’il y en a plus, il y en a encore », l’assurance santé : « quand on croit qu’on a enfin compris comment ça marche, et ben on a toujours rien compris… ».

 

Alors loin de moi l’idée de vous faire un cours sur l’assurance santé aux États-Unis, premièrement car, tout dépend de quel assurance santé vous avez, si vous en avez une, et si vous savez l’utiliser ; deuxièmement parce  que, comme le titre l’indique, je ne sais toujours pas vraiment comment ça marche…

 

Mon assurance santé à l’époque affichait fièrement : « les soins prénataux sont pris en charge sans déductible* et sans co-pay* ».

 

·        * number uane : le déductible est une franchise qu’on paye à chaque fois qu’on a un pépin comme avec sa voiture en France. Donc si vous allez chez le médecin parce que vous avez un rhume, on vous demandera de payer 40$. Le reste est pris en charge par l’assurance… ah non ! parce que :

·        * number tou : le co-pay ça veut dire co = coéquipier, pay = paiement, c’est-à-dire que vous payez une partie des frais en plus du déductible. Généralement entre 10% et 20%.

 

Là ou moi je ne comprends plus rien c’est que parfois vous payez le déductible et le co-pay, parfois le déductible mais pas le co-pay, parfois le co-pay mais pas le déductible, et parfois vous ne payez rien (et j’imagine que dans certain cas de figure vous payez tout…).

 

Revenons donc à ma facture de 109.60$. Sur cette facture il y a 3 chiffres :

-         470.01$

-         360.41$

-         109.60$

 

Essayons donc d’analyser la situation. En fait, 470.01$ c’est le vrai cout pour faire les deux tests et ce qu’on vous demandera de payer si vous n’avez pas d’assurance. 360.41$ c’est les « ajustements » négociés entre mon assurance et Denver Health. 470.01 – 360.41 = 109.60$. Reste donc à ma charge 109.60$. Oui, vous avez bien compris le système est tout pourris ! En gros vous avez un centre médical qui facture au pifomètre ses « interventions », une assurance qui « négocie » des prix plus raisonnable pour vous, et vous ? Et bien vous payez… Sur ce mon assurance a eu l’audace de m’envoyer un document m’expliquant que j’avais « économisé » 360.41$... pour un test gratuit, c’était le minimum, non ?

 

Là vous allez me dire : « oui et alors ton histoire de déductible et de co-pay ? ». Ben en fait, moi au lieu d’avoir un déductible qu’on paye à chaque fois, j’avais un déductible global de 400$ sur une année. Or, cette facture étant de moins de 400$ et la première de l’année (La Sandrinette a une santé de fer !), c’est moi qui ai tout payé !

 

Là vous allez me dire (number tou) : « oui mais tu as commencé en disant que ton assurance disait (c’est celui qui a dit qui est…) que tu n’avais ni déductible, ni co-pay pour les soins prénataux ». Ben oui… j’ai donc appelé mon assurance. Apres moultes discussions avec le type, il m’accorde qu’il y a eu une erreur et que je serais donc remboursée.

 

Quelques semaines après, je reçois donc un chèque de… 87.69$... … …

 

 

 

Trop malade pour faire un caca nerveux à cause de 21$, je laisse donc tomber et encaisse le chèque de 87.69$... Oui mais voilà, entre temps, j’étais allée (finalement !) chez l’obstétricien pour une première visite, et je reçois une facture de 186.90$ !!!! Je rappelle donc mon assurance et tombe cette fois sur une nana et lui explique mon cas.

 

MOI : « blablabla… or, selon votre assurance les soins prénataux sont pris en charge sans co-pay et sans déductible, donc pourquoi ai-je reçu une facture de 186.90$ ? »

 

LA NANA et sa réponse qui tue : « parce que les échographies ne sont pas des soins prénataux. »

 

MOI : « … … … »

 

LA NANA : « … … … »

 

MOI : « Alors attends, attends… une échographie obligatoire à 8 semaines de gestation pour vérifier que l’embryon ne s’est pas implanté dans une trompe au lieu de l’utérus, ce qui pourrait potentiellement me faire exploser la trompe, provoquer une hémorragie interne qui me serait fatale en quelques heures, ce n’est pas un soin prénatal ???????? »

 

LA NANA : «  Non, je vous ai déjà dit les échographies ne sont pas des soins prénataux, ni d’ailleurs la première visite chez l’obstétricien… »

 

MOI : (légèrement énervée) « bon alors si les échographies et les visites chez l’obstétricien de sont pas des soins prénataux, QU’EST-CE QU’UN SOIN PRENATAL ????? »

 

LA NANA : « Les visites qui suivront a raison d’une fois par mois, puis deux fois par mois en fin de gestation sont les soins prénataux qui seront pris en charge à 100% sans co-pay et sans déductible ».

 

MOI : « ah donc, les soins prénataux chez vous ça veut dire me peser et me prendre la tension… vous me direz, c’est 10 fois mieux que les soins prénataux en Afrique ! ».

 

Pour l’anecdote, sont restés à ma charge aussi les tests d’urine. Des tests qui sont fait pour détecter la pre-eclampsie, une maladie qui touche 5% des grossesses. Si vous avez la malchance d’en souffrir, votre tension sera hors de control et on devra vous faire une césarienne en urgence, sans quoi vous et votre bébé peuvent décéder… c’est la cause de mortalité maternelle la plus élevée dans les pays sous-développés. Mais apparemment, détecter une pre-eclampsie aux Etats-Unis, maladie purement et strictement liée à la grossesse, ce N’est PAS un soin prénatal…

 

Alors voilà pour aujourd’hui ! Rassurez-vous, tout n’est pas si mal in The United States. Les soins prénataux (LA NANA : « qui n’en sont pas ! ») sont chers mais au moins la qualité y est ! Rendez-vous dans quelques temps avec de nouveaux articles sur les États-Unis, les bébés à moitié français, moitié allemand mais avec un passeport américain et les folles aventures de la Sandrinette.

 

Je vous laisse avec une photo de mon bébé en train de lire mon blog :

 


 

Bon d’accord, ce n’est pas vrai… il ne sait pas encore lire…