lundi 16 février 2015

Corporate America, ou comment je sens que ça va finir à coup de tartes….


Alors pour ceux qui ne parlent pas l’Américain, « Corporate America » c’est ces grandes entreprises ricaines qui font le succès dudit pays et où toute personne, avec un minimum d’ambition, doit mettre le pied au moins une fois dans sa vie. Mais attention, pour obtenir le qualificatif « corporate america » votre Nationale ou multinationale doit répondre à une série de critères bien définis :

1. Vos locaux doivent être situés à perpette les oies pour diminuer le coup foncier. Vos employés quant à eux, doivent, au choix, être coincés dans les embouteillages matin et soir pendant au moins 30 minutes, ou habiter dans une des maisons des quartiers spécialement conçus pour eux. Comme votre maison est exactement pareil que les 150 autres, si un jour vous rentrez bourrés, il vous faudra dormir a Ibis ou au formule 1 à moins que vous aillez accroché un fanion rouge à votre porte d’entrée pour la reconnaitre. Moi j’ai choisi l’option trafic qui est la plus salutaire. L’autre comporte une série d’obligations qu’une fraiche expat n’aurait pas pu supporter. En effet, pour vivre dans un quartier « ouvrier » à col blanc il faut : a) ne pas utiliser vos jambes plus de 2 minutes 30 par jour. Les pieds des gens des « suburbs » servent à actionner la pédale de frein et l’accélérateur de leur voiture automatique, pas à aller acheter le pain au supermarché du coin qui se trouve à 25km.  B) Vous enfermer dans un gymnase pour marcher sur des machines après avoir passé votre journée enfermés dans votre cubicule. Le gymnase étant subventionner par votre entreprise, parce que [slogan numbeurre uane] « votre entreprise se soucis de votre santé, YEAHHHH ! »… (oui parce que c’est eux qui paient votre assurance santé…). C) Allez dîner dans un restaurant qui est aussi une multinationale avec exactement les même succursales tous les 10kms… Vous serez bien entendu, entourés de gens comme vous, voir de vos collègues ou de vos voisins de machines de gymnase, ou de vos voisins tout court.  Attention, il est absolument interdit de manger avec eux… dans les suburbs, on ne copine pas avec les gens. D) Ne parler que de sport. Tout autre sujet est absolument tabou. Il vous faudra également porter le maillot de votre équipe de football américain lors des matchs importants. N’oubliez pas d’assortir votre famille toute entière aux couleurs de l’équipe, voir votre chien. Ceci n’est pas un conseil mais une obligation. Ne pas s’y soumettre vous fait risquer votre place tant prisée dans les suburbs….

2. Le deuxième critère qui fait de votre entreprise une multinationale « corporate America », est que vos employés ne savent parler que de sport et du travail. Les employés vivant dans les suburbs n’ayant pas de vie privée, c’est facile.

3. Si vous comprenez ce que quelqu’un fait lorsque vous lui demandez ce qu’il fait comme travail, cet employé n’appartient pas à « corporate américa » :
Exemple 1 : « je suis secrétaire » = pas corporate America
Exemple 2 : « Je suis manager du groupe de support logistique de l’entreprise » = corporate américa
Mon exemple : « Je suis bilingual claim adjuster » = Corporate América. Ce que je fais ? Envoyer des chèques quand vous avez un accident de voiture, me faire engueuler par les clients parce que je ne les ai pas rappelés, me faire engueuler par les clients quand j’essaie de comprendre ce qui s’est passé dans l’accident, me faire engueuler par les clients parce qu’ils n’aiment pas comment on a réparé leur voiture, me faire engueuler par les clients parce qu’ils trouvent qu’ils ne sont pas du tout en tort dans l’accident, me faire engueuler par les clients parce que…. Tout ça bien entendu en anglais ET en espagnol (d’où le bilingue).

Enfin bref, dans mon travail, nous avons un très gros problème, il nous manque environ 70% d’employés pour pouvoir faire un travail correct. En gros, quelqu’un de normale peut travailler une moyenne de 3 à 5 accidents par jour. Super man pourrait en faire 6… nous, nous tournons à 8 à 10 accidents par jour. Donc en gros, si tu as eu un accident de voiture, que ta voiture est toute défoncée devant chez toi avec le radiateur qui fuit, que tu vis dans les suburbs comme tout le monde, que donc ton travail se trouve à 40 km de chez toi et que le supermarché le plus proche est à 25km, que évidement il n’y a ni bus, ni tramway puisque les transports publics ici c’est pour les pauvres, et bien ton sort dépend de si tu réponds au seul coup de fil que j’aurais eu le temps de te passer. Sinon tu devras me laisser 4 messages auxquels je ne pourrais pas répondre, laisser 2 messages à ma supérieur qui ne pourra pas te répondre non plus, prendre un avocat qui te volera tout l’argent qu’on te donnera (si tu arrives finalement à parler avec un être humain dans mon entreprise), t’arracher les cheveux parce que ça fait 3 semaines que ta voiture est devant chez toi avec le radiateur qui fuit, que tes voisins ont porté plainte, que tu as perdu ton travail parce que tu pouvais plus y aller, que finalement tu finis par parler avec une française avec un accent qui fait que tu comprends que la moitié de ce qu’elle dit, qu’à ce niveau-là, même comprendre que la moitié c’est mieux que rien, que la française elle transfère ton dossier au département des voitures qui partent à la casse, que le département des voitures qui partent à la casse il n’a pas que ça à faire alors il renvoie le dossier à la française mais sans la prévenir, tout ça parce que la française elle a pas vu que le devis n’était pas complet , que ça te prend 2 semaines de plus de pouvoir reparler avec la française, que la française elle a presque envie de te dire que « bon d’accord ça fait deux semaines que vous attendez que je vous rappelle mais sachez qu’il y a des gens ça fait 1 mois alors que bon… », que ton dossier est renvoyé au département des voitures qui partent à la casse, que ça prend encore 5 jours de plus d’obtenir l’autre partie du devis, que finalement on se rend compte qu’on peut réparer la voiture, qu’on finit par la transférer au garage du coin, que la française t’envoie le chèque mais que comme tu l’a pas reçu tu peux pas payer le garage, que le garage ne veux pas te rendre ta voiture tant que tu ne les as pas payés, que tu rappelles la française désespérée, que la française se rend compte que le chèque n’a jamais été envoyé parce qu’avant qu’elle n’ait eu le temps de l’envoyer elle a reçu 5 appels de 5 autres assurés désespérés et donc qu’après elle a oublié, que une fois que tu reçois le chèque c’est trop tard… tu t’es pendu…

Pendant ce temps, nous continuons à recevoir des formations pour nous apprendre à être gentils avec les clients… nous avons eu la réunion obligatoire du :
« Le challenge de la responsivité ! Réponds à ce coup de fil ! » : si je vous dis ce qu’ils ont fait, vous n’allez pas me croire… ils nous ont distribués des stickers bleu avec écrit : « Le challenge de la responsivité ! Réponds à ce coup de fil ! »… c’était pour les coller sur nos bureaux… après on a eu une réunion avec les deux grands chefs. Ils avaient plusieurs balles bleues dans les mains. Enthousiastes, ils ont demandé : « le challenge de la responsivité… qu’est-ce que ça veut dire pour toi ?! », puis ils ont commencé à lancer les balles et celui qui l’attrapait devait répondre à la question… il était évidemment implicitement interdit de dire : « éviter que les assurés se pendent ? ». Alors les gens ont dit : « répondre au téléphone ? », « excéder les attentes de nos clients ? », « être pro-actifs ? » (ne cherchez pas dans le dico, ça ne veut rien dire).
Voilà… c’est mon travail…

Il y a une solution très simple a laquelle personne apparemment n’a pensé, c’est qu’ils pourraient embaucher plus de gens. Certes ça coute cher mais : 1. Si t’embauches plus de gens, les assurés sont contents donc ils ne se pendent pas, donc  ils continuent à payer leur assurance = plus d’argent 2. Les employés sont contents donc ils ne quittent pas l’entreprise après trois mois de bons et loyaux services = on économise le coup de la formation (70% des « claims adjusters » bilingues (ou pas) sont nouveaux et n’ont rien à voir avec le métier… ce qui nous amène au point 3. Tes employés savent ce qu’ils font parce que ça fait plus de 4 mois qu’ils travaillent dans l’entreprise donc ils disent moins de conneries aux assurés…  = moins de cafouillages et de voitures abandonnés devant les maisons des assurés 4. Etc. etc.

La solution est simple… et pourtant…

II- LA SOLUTION DU CHEF :

Il y a quelques semaines, nous avons eu une réunion avec grand chef indien sans nos supérieurs. Le but ? Comprendre qu’est-ce qu’on peut faire pour améliorer la satisfaction des employés de l’entreprise et éviter qu’ils se fassent la malle. Notre chef a dessiné un tableau à double entrée comme celui-ci :



Identification

Solution
Problème
numbeurre uane


Problème
numbeurre tout


Problème
 numbeurre zri



 Nous avons eu les solutions suivantes :
1) oui ! les manageurs devraient nous féliciter plus souvent lorsqu’on fait les choses bien….
2) oui ! on devrait réinstaurer le jour de la tarte ! Le jour de la tarte c’est un jour où les supérieurs apportent une tarte pour la partager avec les inférieurs. Alors pour ceux qui, comme moi, croiraient qu’il s’agit d’une blague… il ne s’agit pas… il y a vraiment quelqu’un qui trouve que si on réinstaure le jour de la tarte au travail, les gens seront plus contents… ce quelqu’un a d’ailleurs appuyé son argument en disant qu’autrefois, avec le jour de la tarte, les gens étaient plus détendus et rigolaient entre eux pendant qu’ils mangeaient leur tarte…

Après une heure de discussion autour du jour de la tarte, j’ai levé la main et j’ai dit : « le seul problème qu’on a est qu’on a trop de dossiers, qu’on travaille 10 heures par jour plus le samedi pour rien parce qu’on aurait besoin de 72h par jour de toute façon pour s’en sortir et qu’on en peut plus» [Et même que j’aurais pu rajouter qu’ on part du travail avec de terribles migraines, et qu’on y arrive en pleurant dans sa voiture ; que mon visage a été complètement envahi par des boutons d’acné surgit à cause du stress ; que mon dos me fait mal ; que j’ai beau boire du vin avec les copines, patauger dans le jacuzzi pendant des heures, danser le flamenco comme une pègue toute seule devant le miroir… ben que je suis toujours aussi stressée, et que si ça continue, c’est moi qui vais aller me pendre avec nos clients]. Ce à quoi non seulement le chef mais mes collègues ont répondu : « il ne faut pas confondre le symptôme avec la cause… nous avons trop de dossiers par personne parce que les gens ne restent pas dans l’entreprise… »…. [non, ce n’est pas une blague…]
Après une réunion comme ça tu te dis que bon, même si ça n’a servi à rien, au moins ils essaient de nous faire croire qu’ils veulent faire quelque chose pour nous… et c’est une semaine après … pas 1 mois ; pas deux semaines ; même pas une semaine et demie plus tard ; non une semaine pile poil après la réunion de « comment faire pour contrôler le départ hémorragique de nos employés» que nous avons eu la réforme « du temps flexible »….

Qu’est-ce que le temps flexible ?

III- Le temps « flexible » selon mon chef :

Le temps « flexible » c’est… prendre les gens pour des c… !!!!!!!!!!!! ihhhhhhh !!!!! (Calme toi Sandrinette… vite ! coup de jacuzzi !!!! ou coup de tarte pour ma collègue !!!!) .
Alors le temps « flexible » n’a rien de flexible du tout puisqu’il est fixe et non négociable… fixe étant le contraire de flexible, même en anglais, le temps « flexible »… n’a rien de flexible du tout !!!!!!! ihihihihihi !!!!! (Sandrinette calme toi… vite ! coup de flamenco ! Ma collègue elle a déjà mangé la moitié de la tarte !).

Bon reprenons. Les États-Unis sont un grand pays au sens kilométrique du terme. Ce qui fait que si tu t’occupes des accidents de voitures de la Californie et que tu habites à Denver, tu quittes le boulot à 16h30 heure de Denver, 15h30 heure de la Californie. Donc c’est embêtant en terme de service au client… donc là je vais me reénerver… ça fait 3 mois que je travaille tous les purée de patate de jours de 8h du mat, heure de Denver, 7h heure de Californie, à 19:00 du soir heure de Denver, 18h heure de la Californie !!!!!! Alors tes purée de patate de calcules à la con…fiture tu te les ranges dans le panier !!!!!! 

Bon reprenons. Après la réunion du coup du jour de la tarte, nous avons eu une réunion du coup des heures « flexibles », au court de laquelle il a été fait très brièvement mention d’un e-mail qui nous serait envoyé pour savoir quelles heures « flexibles » nous « préférions ». Noyés au milieu des 50 e-mails que nous recevons par jour, presque personne n’y avait vraiment prêté attention…

IV- Vendredi : jour de la tarte

 Le vendredi suivant, ma supérieure, tout sourire, est arrivée en disant : « hey guys ! (Qui pourrait se traduire par : « salut les « amis »…. »). Alors c’est juste pour vous dire que les nouvelles horaires que vous avez reçues seront effectives à partir de lundi ». Or nous étions vendredi… C’est ainsi que nous avons découvert nos nouvelles horaires… 9h-17h30 tous les jours au lieu de 8h-16h30… et là je lui dis : « oui bon ça ne m’arrange pas du tout, je ne comprends pas pourquoi on ne m’a pas consultée…. » . La chef : « mais bien sûr qu’on t’as consultée ! On t’a envoyé un e-mail auquel tu n’as pas répondu ! ». La Sandrinette : « Oui mais je ne savais pas que si on ne répondait pas, vous nous donneriez les horaires que vous vouliez ! (la Sandrinette bien dégoutée) Bon ok mais le mardi je devrai partir une-demie heure à l’avance pour mon cours de flamenco. ». Ma chef : « Ah ça ce n’est pas possible ! Je ne peux pas faire une exception pour toi. Si je le fais, je devrai le faire pour tout le monde et ça ne va pas marcher. ». [La Sandrinette abasourdie] : « Non mais je ne vais pas arrêter mes cours de flamenco parce que je ne peux pas sortir une demi-heure à l’avance ! Ce n’est pas possible ! » [15 minutes de conversation plus tard]. Ma chef : « Je vais parler avec grand chef indien mais je ne te promets rien ».

Inutile de dire que les feignasses de notre bureau, eux, n’avaient pas oublié de répondre au fameux e-mail et qu’ils avaient écopé des meilleurs horaires…

Dégoutée je suis partie 1. Déjeuner 2. ben en fait j’ai pas eu le temps d’arriver au lieu du déjeuner parce que je me suis mise à pleurer avant… du coup j’ai fait quelque chose que jamais je pensais que j’aurais eu à faire… je me suis enfermée dans les toilettes et j’ai passé une demie heure à pleurer toute seule dans le lieu le plus glamour de l’entreprise…. (oui, je sais, c’est pathétique…)

Lorsque je suis revenue une heure plus tard, il était bien clair que je n’avais pas été la seule à avoir essuyé des larmes avec le papier toilette… non pas que les gens avaient des restes de papier toilette sur les joues, mais qu’il y avait une révolution au travail. Tout le monde était outré et se déplaçait de cubicule en cubicule pour mettre en place des stratégies stratégiques pour contrer le plan diabolique de grand chef indien. Non parce que je ne veux pas dire mais il y a des gens qui ont des enfants… alors comment qu’on fait si on doit aller les chercher à la crèche ? Tout à coup, je me suis retrouvée avec 5 personnes devant mon cubicule, plus remontées les unes que les autres : La Sandrinette [qui a fait partie d’un syndicat étudiant quand elle était plus jeune] : « Mes chers camarades (bon d’accord ca je ne l’ai pas dit) ! Il est clair que le jour est grave et que cette réforme a été décrétée en cachette et à notre insu. Le chef est dans son bureau ! Allons-y et obligeons-le à négocier ! Qu’un sang impure abreuve la moquette de notre cubicule !»… bon d’accord, j’ai juste dit : « Le chef est dans son bureau, pourquoi n’allons-nous pas lui parler tous les 5 en même temps ? »… toujours est-il que mon idée était encore plus révolutionnaire que celle qui se tramait au boulot ce jour-là, puisqu’il y a eu un gros blanc et qu’un des type, un des plus remonté m’a dit : « non, non, va-y envoie lui un message, moi je l’ai fait aussi et elle (une collègue) lui en a envoyé deux et comme ça, si tout le monde envoie un message il va voir que ça ne passe pas. »…. Les révolutions aux États-Unis se font, comme on peut le voir, mais pas trop quand même…

La stratégie du « mécontentement individuel » a finalement porté ses fruits puisque le projet de grand chef indien fut finalement suspendue jusqu’à nouvel ordre...

V- Le jour du nouvel ordre :

S’il y a bien quelque chose qui caractérise les chefs américains, c’est qu’ils sont cools et sympas ! Que quand ils arrivent, ils te disent « Hey guys ! », qu’ils nous portent des tartes pour qu’on soit contents, et qu’ils mettent des jeans le vendredi… pas comme nos chefs français, habillés en costard cravate qui te disent « Bonjour Monsieur Dupont. Où en sont vos dossiers ? ». Non, les chefs américains sont très cools… très cool oui, mais pas le jour du nouvel ordre…

Nous avons TOUS étaient convoqués dans la grande salle de réunion, les supérieurs d’un côté, les inférieurs de l’autre. [Tu sais que tu n’es pas en France quand tu te rends compte qu’il n’y a pas de CRS dans la salle]… connaissant les américains, je m’attendais à ce que le chef disent : « mes plus plates excuses, je ne savais pas qu’aller chercher les enfants à la crèche vous tenez tant à cœur… mais nous allons quand même instaurer les nouvelles horaires. ».

Et bien, non, pas du tout… nous avons eu droit à une feuille de papier sur laquelle nous devions inscrire notre nom, numéro d’identifiant et signature. Traduction : « Vous avez prétendu que vous ne saviez pas qu’on allait changer vos horaires, maintenant vous ne pourrez plus mentir… ». Tu fais ça en France et ta tête finie sur un piquet… pas aux États-Unis…

Pendant la réunion, il était interdit de dire certaines choses. Ceux qui ont essayé ont été soit ignorés, soit attaqués par tous les supérieurs en même temps. Parmi ceux-là, il y a eu la Sandrinette…
La Sandrinette : « avant de nous faire travailler ses horaires là, pourquoi ne règlerait-on pas le problème du manque de personnel ?». [Oui, la Sandrinette a des idées saugrenues....].

Les manageurs [tous en même temps] : « Mais c’est ce qu’on fait Sandwine ! On a déjà embauché 3 personnes de plus [et perdu 5… mais ça on ne le dit pas… 3 – 5 = -2 même en anglais]. Levez-vous ceux qui viennent d’être embauchés ! ». Et les 3 nouvelles têtes se sont levées… deux d’entre elles ont démissionnées depuis…

Nous avons donc décidé tous ensemble [« tous ensemble » = le chef] que nous travaillerions des horaires différents à tour de rôle. Ma semaine ressemble désormais à ça : Lundi 9h-17h30, Mardi 8h-16 :30, Mercredi 9h30-18h, Jeudi 9h-17h30, Vendredi 8h30- 5 tasses de café pour me réveiller, une aspirine pour le mal de tête, un Lexomil pour rester calme avec les clients et un antidépresseur pour pouvoir finir la journée… Inutile de dire que plus personne ne comprend rien à quand on est sensés quitter le travail, que notre horloge biologique ne s’active qu’au contact avec la caféine, que j’ai un collègue qui a fait des heures sup pendant 3 mois gratuitement parce qu’il n’avait rien compris aux nouvelles horaires, et que des fois quand on arrive à 9 :30, on se rend compte qu’on a raté une réunion parce qu’elles par contre commencent toujours à 8h, mais que ce dernier point n’es pas très grave vu la teneur de nos réunions…

Ce qui m’amène au point suivant. Votre multinationale n’appartient à « corporate América » que si toutes les mesures et réunions qui sont prises/organisées ne sont qu’une perte de temps et une insulte à l’intelligence…

VI- La réunion des post-it…

Un jour, j’ai été convoquée dans une réunion dont personne ne connaissait la teneur… Il y avait à peu près une dizaine de personnes qu’on ne connaissait pas et un type qui faisait le présentateur. Le type a commencé en expliquant que nous étions tous là pour identifier les problèmes que nous, « claims adjusters », rencontrons au court de notre travail et qui ralenti notre action… puis il a rajouté : « moi je n’ai jamais travaillé pour les assurances, mais j’ai des techniques pour vous aider à identifier les problèmes et les solutionnés… »…. C’est ce jour-là que je me suis dit que, peut-être, ça serait une bonne idée de faire un voyage au Tibet… il parait que les moines bouddhistes sont capable de détacher leur âme de leur corps quand ils méditent. Moi je crois que ça serait très utile de pouvoir envoyer mon âme à Cancun ou Bora Bora pendant que des espèces d’abrutis qui n’ont aucune idée de ce que je fais comme travail viennent m’expliquer comment solutionner mes problèmes du quotidien. J’ai pensé ca encore plus fort quand le type a commencé à dessiner le schéma suivant :

Réception du dossier ________ Investigation de l’accident + vérification de si l’assuré est assuré (ou si, manque de bol, il n’a pas payé sa dernière mensualité) __________ envoie du chèque ______ fermeture du dossier.

Ça lui a quand même pris une demi-heure de dessiner un truc pareil…. En même temps, on ne peut pas lui en vouloir, c’est sa première fois dans les assurances…. Après ça donc, tout le monde était pantois et se demandait ce qu’on pouvait bien faire là… Un de mes collègue a osé un : « je ne vois pas très bien où vous voulez en venir là… ». Le type, loin d’être déstabilisé, a rigolé ainsi que tous les autres types dans la salle qu’on ne connaissait pas. « Vous allez voir, vous allez comprendre ». Il nous a ensuite distribué des post-its sur lesquels nous devions marquer tous les problèmes rencontrés quotidiennement au court du susmentionné schéma…. un problème par post-it… le tableau a très rapidement été recouvert de post-its et de ratures en tout genre… en effet, le type s’est très vite rendu compte que notre travail ne comporte pas quatre étapes mais deux cents cinquante. Il a donc dû raturer, redessiner, superposer et envoyé des flèches vers le bas, les faire remonter, pour finalement les faire revenir sur certaines étapes. À la fin, notre travail semblait encore plus difficile qu’il ne l’est déjà…

Nous n’avons plus jamais entendu parler du type des post-it…

VII – Les super héros de l’attention au client, ou le summum de la connerie a-t-il était atteint (enfin)?

Comme ça faisait longtemps qu’on n’avait pas de réunion, les chefs ont décidé de frapper fort ! Nous avons tous donc reçu un e-mail dans lequel il y avait Superman, Batman, Spiderman, et d’autre super héros de notre enfance…. Le thème de la réunion : nous sommes tous les super héros de l’attention au client…. Mon collègue qui a découvert le mail en même temps que moi m’a dit : « t’as vu cette nouvelle réunion ? »… La Sandrinette : « … bon… je vais aller prendre le quatrième café de la matinée… si à mon retour tu à l’audace de me rappeler le coup de la réunion, l’entreprise perdra un employé de plus… »… Après quelques jours, nous avons reçu des informations complémentaires de notre manageur. « Chaque équipe va choisir un super héros ! Nous allons décorer nos bureaux avec des images dudit super héros et… [et ben rien parce que c’est tout]… ». Notre équipe est allée encore plus loin puisque notre manageur a acheté des T-shirts pour tout le monde et a repassé des photos de super héros dessus. Le jour de la réunion, nous étions tous donc déguisés en super héros… ben vous le croirez ou pas, c’est nous qui avons gagné le concourt de l’équipe qui a le mieux décoré « son bureau » parce que, a dit le chef, faire de chaque employé un super héros, c’était une super idée…. Et nous, les super héros, on va prendre un super Lexomil, pour éviter de faire une super dépression, voir d’envoyer des super claques à nos super supérieurs…  

Voilà où nous en sommes… entre temps, donc, le fameux jour de la tarte a été réinstauré… une fois… parce que oui, les tartes du coup ne sont pas du tout passées. Malgré les invitations répétées de nos manageurs : « je vous rappelle que les tartes sont à côté de la photocopieuse et n’attendent que d’être mangées », personne n’y a touché… il n'y a donc plus jamais eu de tartes.... je crois que les manageurs ont senti le danger...

lundi 18 août 2014

Faire de la “randonnée” aux États-Unis: après ne me dites pas que je ne vous avais pas prévenus…

PREAMBULE : Cet avertissement vaut pour le Colorado uniquement…

Alors voilà, aux Etats-Unis le taux d’obésité est très élevé, c’est vrai, mais pas au Colorado où il est juste élevé. Du coup ici on a des gens très en forme, « fit » en anglais [prononcez « fite »]. Comme les américains ne savent jamais rien faire avec modération, les gens « fit » ici sont extrêmement « fit » : genre ils se lèvent à 8h du mat' le dimanche pour faire un footing, boivent des smoothies métaboliques vert fluo à tous les repas pour accélérer leur métabolisme et s’adonnent à tous les sports possibles et inimaginables équipés des équipements et tenues dernier cris. Dans la panoplie du super sportif du Colorado tu as : 

- le sac à dos/gourde avec des tubes qui dépassent donc pas besoin de t’arrêter quand tu as soif pour boire de l’eau (ou du smoothie métabolique):

- Les bâtons de pèlerin antidérapants et poignées ergonomiques:


- Pantalon longs avec fermeture qui deviennent courts quand il fait chaud:


- Compotes énergétiques dessinées par la NASA pour la conquête de l’espace:

 Puis après vous avez la version Sandrinette de la tenue de randonnée:


Si vous montez sur un vélo pour aller au travail, vous êtes priés de vous équiper convenablement :

- La Sandrinette :

- L’Américain :


Alors un jour, alors que j’étais encore novice dans ce pays, on me proposa de faire un FORTINEUR !

Avant de vous expliquer ce que c’est, je voudrais rappeler deux choses importantes :

1- La Sandrinette a grandi aux pieds des montagnes et a passé pas mal de weekends dans les Pyrénées avec son papi et sa mamie, les vaches, le fromage fait maison auberge et les petits ruisseaux pleins de petits poissons. La Sandrinette est une montagnarde !


2- À l’époque du fortineur, la Sandrinette n’avait pas de voiture et marchait ou roulait à vélo partout… La Sandrinette était donc très « fit » (ce qui n’est plus le cas depuis que j’ai acheté une voiture puisque je suis devenue aussi feignasse que la partie obèse de la population de Denver).

Alors quand on m’a proposé de faire un fortineur j’ai dit : « euh oui !... ça à l’air sympa !... c’est quoi ? ». Alors le fortineur vient du mot « fourteen », 14 en anglais (pour les nuls…), qui veut dire 14,000 pieds. Ces 14,000 pieds  n’ont rien à voir avec ceux qui nous servent à marcher, 14,000 pieds ça fait 4,000 mètres d’altitude….  Un fortineur, comme son nom ne l’indique pas, c’est une  « randonnée » au cours de laquelle on monte en haut d’une montagne qui fait 4,000 mètres. Moi si tu me dis ça comme ça, je te dis non. Sauf que là, on me dit que oui, qu’on va partir avec le groupe de français, qu’on va faire ça cool, qu’en plus la montagne qu’on fait c’est une des plus facile, qu’on va se faire une baguette fromage au sommet et que ça va être très sympa !

La Sandrinette a donc pensé : « je suis jeune, je suis fit, j’aime le fromage… j’y vais ! ».

J’aurais peut-être dû me méfier lorsqu’on m’a donné rendez-vous à 4h du matin… 4h du matin !!!! pour faire un pique-nique à la montagne ??? C’est là qu’on m’a donné l’explication dont je me serais bien passée : « oui mais il faut commencer tôt parce qu’à partir de midi il y a des orages. Or nous allons à une altitude telle qu’il n’y a pas d’arbres (là aussi j’aurais dû me méfier… si même les arbres n’y vont pas, c’est qu’il y a une raison… ). Donc s’il n’y a pas d’arbres et qu’il y a un orage, c’est toi qui te fais foudroyer…. ». Tout d’un coup, j’étais vachement rassurée…. Et bien figurez-vous que ce n’est pas une blague ! Il y a des gens qui meurent tous les ans au Colorado en faisant des fortineurs…

Nous voilà donc partis le samedi matin à 4h du mat’ direction les montagnes. Mon réveil n’ayant pas sonné, c’est le ventre creux et sans maquillage que je commence cette « randonnée » (oui La Sandrinette se préoccupe du manque de maquillage lorsqu’elle fait un fortineur… non mais c’est pas parce que tu vas grimper une montagne de 14,000 pieds, sans arbres et avec des orages serial killers qu’il faut ressembler à un thon !). Vous remarquerez tout de même que le chapeau a sauvé le glamour de la situation…



En même temps, si on reregarde la photo prise dans les Pyrénées, nous remarquerons que le glamour m’habitait déjà à l’époque… petites sandales blanches et robe à fleurs c’était pas mal non plus en terme de tenus de sport…et puis on voit de qui je tiens l'usage du chapeau...


Croyez-le ou pas mais quand vous arrivez aux pieds de la montagne, ça n’a pas l’air si loin. J’ai même trouvé ça joli… 

En fait, tu commences à te rendre compte lorsque t’as marché une demi-heure et que t’as pas encore commencé à grimper…. Et là c’est l’horreur. Si vous voulez savoir ce que ça fait un fortineur, je vous conseillerais de grimper des escaliers pendant 3.30 heures…. C’est pareil sauf qu’à 14,000 pieds… ben il n’y a pas d’oxygène… donc vous recommencez l’exercice mais sans respirer cette fois…

Au bout d’un moment quand tu fais un fortineur (c’est-à-dire au bout de 20 minutes), tu te demandes pourquoi tu fais ça. Non parce que je veux pas dire mais le paysage est le même que tu sois en bas, au milieu ou en haut… c’est juste que c’est plus petit vu d’en haut… alors franchement monter des escaliers sans respirer, le ventre creux, sans maquillage, pendant 3h30 juste pour voir un truc que tu as déjà vu mais en plus petit, ça vaut pas le coup ! 

Donc au début, comme à mon habitude, je faisais des blagues :
- un français : « la photo de groupe on la fait ici (en bas) ou en haut ? »
- La Sandrinette : « oh ben on la fait maintenant parce qu’on n’est pas tous sûrs d’arriver en haut ! Jajajajaja » Curieusement ma blague m’a fait beaucoup moins rire après avoir parcouru/escaladé 1/5 du chemin. »

Après j’ai carrément arrêté de parler… un, parce que j’étais traumatisée… deux, parce que tu ne peux pas faire de blagues parce que pour rigoler il faut consommer plus d’oxygène… trois, parce que j’étais plus d’humeur à tuer tout le monde, qu’à les faire rire [quand tu fais un fortineur, il y a deux gros dangers : les orages et La Sandrinette]. ». Le pire c’est qu’une fois que tu es en haut et que tu vois le paysage mais en plus petit:


que quand même tu prends des photos parce que t’imaginais même pas que tu allais y arriver:


que t’as mangé ta baguette-fromage:


que de toute façon t’es à moitié shooté à cause du manque d’oxygène…

Et bien après avoir fait tout ça… il faut redescendre… et là tu te dis : « ouf ! » non parce qu’après être monté pendant des heures tu te dis que ça va être plus facile !

Vous pouvez faire l’exercice à la maison… montez les escaliers pendant 3 heures 30 sans respirer puis descendez-les toujours sans respirer… ben non, contrairement à toute attente, le pire c’est la descente ! Parce que : un, t’es rétamé… deux, tu commences à voir de plus en plus de nuages de moins en moins blanc dans le ciel… trois, si tu ne fais pas gaffe, tu descends plus vite que prévu… quatre, t’as plus d’eau parce que t’as tout bu en montant…

Ce que moi j’ai pas compris, c’est que malgré ma grande expérience de la montagne (…), les muscles puissants de mes cuisses façonnées par des heures et des heures… des minutes et des minutes de vélo, et mon poids plume… ben j’étais toujours parmi les derniers. 

Lorsque nous sommes enfin arrivés aux voitures j’ai failli pleurer de joie… mais j’ai pas pu parce que : 1, j’étais trop fatiguée, 2 j’avais plus assez d’eau dans les yeux parce que j’étais déshydratée, 3 il n’y avait pas assez d’oxygène pour se permettre de pleurer. Contrairement à toute attente, tout le monde a voulu faire un pique-nique et tout le monde a festoyé gaiement. Moi je ne voulais qu’une chose, c’était rentrer à la maison !
J’ai passé le reste du weekend à dormir. Il m’a fallu une semaine pour pouvoir recommencer à marcher. Une de mes collègues le lundi m’a dit : « c’est tes chaussures qui te font mal comme ça ? Les talons c’est pas très pratique pour aller de haut en bas comme tu le fais… »… no comment…

Maintenant, à chaque fois que je raconte ma mésaventure, on me dit : « Mais c’est le Mont Bierstadt que tu as fait ? C’est un des plus faciles ! »… Nous avons donc ici un grave problème sémantique que les dicos ne vous expliqueront jamais…

1) Faire une « randonnée » en français ça veut dire se promener avec papi mamie à la montagne au milieu des vaches et de montons parce que c’est joli.

2) Faire une « randonnée » au Colorado implique trois choses : un, il faut monter une montagne, si c’est plat ça s’appelle une « promenade » ; deux, il faut être équipé de la tête aux pieds pour survivre à l’expérience ; trois, il faut que ça dure des heures et des heures, que tu n’en puisses plus et que tu sois à bout de force. Une « randonnée » aux États-Unis ce n’est pas pour passer le temps mais pour faire du sport. Si tu n’as pas mal aux jambes pendant une semaine après ça, c’est que c’était une promenade organisée par des non-américains.

3) « c’est facile » : c’est facile en français ça veut dire que tu montes la montagne en voiture, que tu joues au milieu des vaches pendant une heure, que si tu es motivée, tu pars à la pèche au têtards une autre petite heure, puis tu redescends toujours en voiture en t’arrêtant au passage chez le berger pour lui acheter un fromage qui pue.

4) « C’est facile » en américain du Colorado ça veut dire que tes chances de survie sont supérieures à 80%.... s’ils te disent « c’est difficile » ça veut dire que la « randonnée » dure plusieurs jours et que tu dois apporter ton nécessaire à escalade et des sacs de survie.


Donc vous êtes prévenus ! Si vous venez me voir un jour au Colorado et qu’un américain vous propose une « randonnée » « facile » ce sera à vos risques et périls. Moi sur ce je vais aller me coucher parce que je viens de faire une « randonnée » (au sens français du terme) dans le centre-ville et que je suis bien fatiguée !

Paradoxe numéro 56: Plus l’américain est gros, plus son assiette est petite… où comment prendre du poids en mangeant…

Déjà, à son époque, l’homme de Cro-Magnon savait que :

1. Si tu ne manges pas tu maigris et tu meurs

2 Si tu manges trop tu grossis et tu exploses

Ainsi, l’homme de Cro-Magnon tuait un mammouth de temps en temps (ou un dinosaure selon les créationnistes) afin de ne pas trop maigrir et mourir, mais se garder de manger tout le mammouth d’un coup et tout seul pour éviter d’être trop gros et de na pas pouvoir courir après le prochain mammouth. 

Ainsi, en Europe, lorsqu’on veut faire un régime, normalement, on essaie de moins manger ; si possible des choses très caloriques comme le sucre, le chocolat et les frites. Moi je pensais qu’il s’agissait d’une règle universelle… et bien pas du tout ! Figurez-vous que les américains mangent pour perdre du poids…
Pour un américain, les légumes c’est pour le régime. Donc un américain qui fait un régime rajoutera une feuille de salade et deux rondelles de tomates à son sandwich au jambon… pour maigrir… parce qu’il est au régime…


Ensuite vous avez les smoothies « métaboliques »… le smoothie c’est une espèce de jus de fruit épais, en gros des fruits mixés. C’est très bon sauf que les américains poussent le vice jusqu’à mixer n’importe quoi dedans. Et ceci donne le smoothie « métabolique » qui est en fait un smoothie « diabolique » puisqu’il est vert et que lorsque j’ai gouté j’ai bien dû me rendre à l’évidence… il s’agissait bel et bien de la potion magique que boivent les visiteurs pour se transporter dans la France des années 90 !


Donc lorsque j’ai demandé au barman (… oui en fait au smoothie-man…) ce que « métabolique » voulait dire, à part qu’il m’a regardé comme si je venais de la planète Mars (comme le smoothie), il m’a dit : « c’est un smoothie qu’on boit lorsqu’on est au régime parce qu’il accélère le métabolisme. Ça fait donc maigrir»… Moi j’ai rigolé (oui parce que ça ne faisait que quelque jours que j’étais arrivée aux États-Unis et j’étais pas au courant que c’était un sujet sérieux) et j’ai dit : « Manger pour maigrir ? jajaja ! Dans mon pays quand on veut maigrir on ne mange pas ! »… Le smoothie-man, lui, n’a pas beaucoup rigolé…

Après il y a un phénomène dans ce pays qui défie toute logique… si vous vous plantez dans la cuisine de votre entreprise et que vous observez vos collègues, vous remarquerez que plus le sujet est gros, plus son repas est petit… C’est proportionnel ! Vous auriez vu ma tête lorsque j’ai vu arrivé cette énorme dame qui faisait au moins 600kg, avec son tour de hanche de la taille d’un champ de foot, sa jupe très certainement le résultat de trois rideaux cousus les uns avec les autres et sa petite, toute petite soupe, voir jus de soupe qu’elle voulait réchauffer dans le micro-onde... et bien oui ! Contrairement aux idées reçues, les obèses américains ne mangent pas des hamburgers à midi ! Non, eux ils mangent 50 cl de soupe allégée en matière grasse… c’est-à-dire 35 kcal…. Ou un smoothie normal sans sucre ajoutés… c’est-à-dire 50 kcal… ou encore… rien… 0 kcal…

L’américain obèse pense, en effet, qu’en s’affamant à midi il perdra du poids comme par magie. Parce qu’à la limite, si l’américain s’affamait comme ça tous les jours à tous les repas, il finirait en effet par perdre du poids… voir par mourir… Or l’américain s’affame à midi mais ingurgite des donnuts, des burritos, des petites ailes de poulet grillées, du poisson frit et des frites (autrement appelées patates françaises… ou patates libres après la guerre en Iraq… libérez les pataaaaaates !!!....) au petit dèj’, au dîner et entre les repas… Ce qui est encore plus incroyable c’est que les mêmes sujets ont adopté ce régime alimentaire depuis des mois, voir, des années, continuent à grossir mais ne pensent pas à changer de stratégie….

Mais s’il y a bien un truc qui horrifie les américains… un truc qui selon eux les rend tous gros… un truc qui fait frémir les mères de familles obèses… … …c’est les « carbs »… … … qu’est-ce ? Les « carbs » n’ont rien avoir avec les petits corayas…
 (je sais pas si vous avez saisi la blague...), les « carbs » c’est les « carbonohydrates »… (oui enfin je crois)… vous savez toujours pas ce que c’est ?... c’est un aliment malicieux qui se fourre partout et qui nous fait grossir depuis la nuit des temps et on ne le savait même pas… VOUS : « Le sucre ? Le chocolat ? La graisse animale ?... je sais ! je sais ! Le foie gras ! Les Léonidas ? Les tartelettes aux fraises ? » Non, pire que ça !... C’est le pain…

Oui mes chers amis, ce qui fait grossir les américains, ce n’est pas du tout ce qui nous fait grossir à nous… donc voilà les américains, pour une raison étrange qui me dépasse, ont très très peur du pain, des pâtes et du riz… qu’ils appellent « carbs ». Pour un européen, le riz, c’est du riz, les pâtes sont des pâtes et le pain, ben c’est du pain… pour les américains, ce sont des « carbs »… c’est comme la dernière fois, je suis allée dans un fast-food qui fait des pâtes. Il y a les pâtes italiennes, les pâtes chinoises, les pâtes indiennes… bref tu peux commander les pâtes que tu veux… (donc les obèses n’y vont pas pour pas grossir)…tout d’un coup, la bonne femme me fait : « Et avec vos pâtes vous voulez des protéines ? »… Voilà Mesdames et Messieurs, aux États-Unis, tu ne manges pas de viande, tu manges des protéines…. Du coup si tu pars à la conquête de l’espace, t’es déjà préparé ! Tu sais déjà comment te goinfrer de petits sachets en aluminium remplis de « carbs » en poudre et de « protéines » en pâte à carton, et en plus tu pourras trinquer avec les martiens autour d’un verre de smoothie métabolique !

Ce qui est tout de même hallucinant c’est que depuis la nuit des temps les êtres humains ont basés leur alimentation sur les « carbs » (comme disent les américains…) les deux pays les plus minces d’Europe, c’est : nous les français (On est les champions ! On est les champions ! On est, on est, on est les champions ! Et 1, et 2, et 3, 0 kilos !)… c’est nous donc et les italiens… nous on mange une baguette par personne et par jour matin, midi et soir… les italiens c’est « pasta », « pizza », « pizza », « pasta », « pasta », « pizza » matin, midi et soir… après pour le riz t’as quand même 1 milliard de chinois qui mangent ça tous les jours et qui ne sont pas vraiment réputés pour leur obésité…  donc comment se fait-il que les américains, tout à coup, aient décidé que les « carbs » faisaient grossir ?

Du coup on en arrive à des situations absurdes… genre aujourd’hui même, alors que je mangeais un truc indien: riz (oh my god ! Le diable), épinards et pois-chiches, ma collègue, qui depuis que je la connais, essaie de faire un régime… me sort : «C’est beaucoup de nourriture ! Mais toi tu as de la chance, tu as un métabolisme très rapide… ».  Oui, c’est pas les épinards, c’est les gènes qui me font garder la ligne…

Après on a le collègue géant, qui fait à peu près deux mètres et dont la tête dépasse des cubicules (non mais ça fait peur des fois), qui mange tous les jours une assiette de légumes… crus… sans vinaigrette (ça fait grossir !)... parce que c’est bon pour la santé….

Mais la palme d’or revient à mon autre collègue, qui essaie aussi de perdre du poids depuis que je le connais, qui arrive un jour avec une salade géante et qui me dit : « oui, je fais attention, pas de « carbs » pour moi ! Je dois perdre du poids » sur ce, il ouvre sa salade géante sur laquelle est posé un demi poulet grillé……

La dernière je ne sais pas où la caser dans mon texte parce qu’elle n’a rien n’à voir avec les régimes mais elle m’a tout autant sidérée, donc je l’ai laissée pour la fin. Un jour j’étais dans la « cuisine » de ma boîte en train de manger du fromage Philadelphia avec du pain… mon collègue [halluciné] : « What ???? Tu manges du fromage avec du pain ?????!!!! », MOI : « … euh… » , LUI : « ??? », MOI : « Ben… euh… oui… tu le manges comment toi le fromage ?... », LUI : « Ben ! Avec un bagel ! Le fromage à tartiner c’est avec les bagels normalement !»…
Pour ceux qui ne connaissent pas les « bagels », c’est du pain avec un trou au milieu :



Vous êtes donc prévenus, si vous venez aux États-Unis, il est absolument interdit, sous peine de traumatiser vos hôtes, de manger du fromage avec du pain si celui-ci n’a pas de trou au milieu… d’ailleurs, il est interdit de manger du fromage avec du pain/bagel tout court parce que ça fait grossir… pas le fromage (of course !)… le bagel et le pain !… à moins que vous ayez la chance d’avoir un métabolisme très rapide… comme moi…

samedi 7 juin 2014

S.O.S. TORNADE ou comment la Sandrinette elle a bien failli s’envoler !

Avant de venir vivre au Colorado, je savais qu’il y avait des tempêtes de neige canadiennes :



Je savais aussi qu’il y a avait des sécheresses terribles :
 
Voici THE River Platte... c'est THE fleuve
qui traverse Denver....
Je savais qu’il y avait des ours enragés, piqueurs de poubelles :



MAIS JE NE SAVAIS PAS QU’IL Y AVAIT… CA !!!!!




Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhh !

Ce monstre de nuages tourbillonnants est passé à quelques kilomètre de là où je travaille. Voilà le déroulement de cette journée de folie :

1. Le matin :… Rien… (La Sandrinette ne regarde jamais la météo pour pas se déprimer…)
2. À midi :… Comme tous les midis, je prends mon heure de pose pour déjeuner. Les collègues arrivent et commencent à commenter les alertes aux tornades dans la région.
La Sandrinette : Quoi ??? Il y a des tornades ? Où ???
Les collègues : (en pointant le doigt vers la fenêtre) Là !

Alors en fait, les tornades ressemblent à de gros nuages en forme de triangle. Tant que la pointe du triangle est horizontale, tout va bien (sauf pour les oiseaux). Par contre, lorsque la pointe pointe vers le bas c’est sauve qui peut ! Heureusement que j’ai vécu mes premières tornades avec des gens au courant de ces choses-là. Moi à part un gros nuage un peu bizarre, je ne voyais pas grand-chose. Je me vois déjà avec ma petite Yaris sous le nuage pensant : « tiens c’est bizarre qu’il n’y ait personne sur la route ! »…

Tout à coup, les sirènes de l’alarme incendie se déclenchent.
Ma collègue sarcastique (pour une fois ce n’était pas moi…) : « C’est bête, on l’a pas encore faite la formation évacuer en cas d’incendie ».
Alors pour ceux qui n’ont jamais travaillé aux États-Unis et qui trouvent la remarque de ma collègue pas drôle du tout, sachez qu’ici dans les grosses boîtes, on a des formations obligatoires pour tout :
- formation de comment s’étirer pour éviter les courbatures et lumbagos.
- formation de comment positionner sa chaise, son ordi et son clavier dans le même but.
- formation de que si tu communiques les données personnelles des clients, c’est pas bien du tout.
- formation de quand tu réponds au téléphone il faut dire bonjour et être gentil avec les gens.
- formation de qu’il faut être organisé dans son travail afin d’être organisé dans son travail.
- etc. etc. etc.
La plupart se font en ligne, sont obligatoires et ne servent strictement à rien à part à notre boîte à se couvrir légalement en cas de pépin (ou de lumbago).

Enfin bon, après cette bonne blague de ma collègue, à mon grand étonnement, personne ne se lève de leurs chaises ! Sauf moi ! Je leur lance : « mais il faut évacuer, non ? On va pas rester devant la fenêtre s’il y a une tornade qui approche ??? ». Mes collègues ne bougent toujours pas… Courageuse mais pas téméraire, je les abandonne et commence mon évacuation. Ils finissent par me suivre.
Je n’ai aucune explication logique à la non-réaction de mes collègues. D’accord, ils n’en sont pas à leur première tornade… mais quand même ! En rentrant à la maison le soir [ça y est je vous ai cassé le suspense… non je n’ai pas été tuée dans la tornade…] j’ai trouvé cette vidéo ahurissante sur une tornade à l’Aéroport de Saint Louis, Missouri. Regardez la réaction des gens…


Vous croyez que c’est possible de rester comme des abrutis devant les grandes baies vitrées alors qu’on dirait qu’un Tsunami (ou pire, une tornade !) est en train de dévaster l’aéroport !

Je suis donc le flot de personne qui descend les escaliers. En passant nous croisons l’homme à tout faire de l’immeuble. L’homme à tout faire, comme la plupart des hommes à tout faire aux USA, est tout petit, basané et il parle espagnol. Nous l’appellerons donc le Mexicain. Le Mexicain est l’homme qu’il ne faut pas avoir en cas de danger imminent. Il y avait déjà eu un antécédent avec lui. Un jour, alors que je prenais le soleil sur les marches de l’entrée, j’ai tout à coup senti une odeur de fumée. Je ne me suis pas trop inquiétée mais après 20 minutes  l’odeur se faisait de plus en plus intense. C’est comme ça que j’ai découvert qu’il y avait un début de feu de plante dans un des pots de l’entrée. Je préviens donc une collègue qui passe par là, qui part prévenir à son tour le Mexicain.

Tout à coup, ne vois-je pas arriver qui ? Le Mexicain ! Il a une tête apeurée, arrive en courant, jette le contenu de sa petite bouteille d’eau de 20 cl dans le pot de fleur, repars en courant, rejette le contenu de la petite bouteille d’eau dans le pot de fleur, repars en courant et répète l’opération plusieurs fois. À la fin il me regarde et me dit : « ouf ! J’ai bien eu peur »…

Je sais... c'est impressionnant...
Ça c’était le coup du feu de plante… est-ce que vous imaginez le coup de la tornade et de l’alarme incendie ?...  Là carrément il court partout, portable à l’oreille, se jette sur une porte pour l’ouvrir, n’y arrive pas, se rejette dessus, l’ouvre et disparaît….  Le mexicain il panique pour tous mes collègues qui ne paniquaient pas dans la salle déjeuner… c’est finalement peut-être pour ça qu’il a été embauché.

Nous évacuons tous dehors… du coup, là c’est moi qui ai bien paniqué… oui alors, excusez-moi mais je comprends que les règles, ce sont les règles et que s’il y a une alarme incendie il faut évacuer dehors. Mais là s’il y a une tornade, on peut faire une exception non ? Non parce qu’en cas de tornades, je sais pas s’il y a une formation spéciale pour ça (d’ailleurs c’est justement peut-être parce qu’il n’y en a pas qu’on s’est retrouvés dans cette situation absurde)… mais moi je crois qu’il serait plus judicieux d’évacuer dedans ! Non parce que je ne veux pas dire mais moi je pèse 120 kg américains ! (VOUS : « Oh là là ! La Sandrinette elle a bien abusé des cheeseburgers ! » pour ceux qui ne sont pas au courant, 120 kg américains, ça fait à peu près 50 kg français… bon d’accord… 55kg… oui mais c’est-à-dire que les cheeseburgers c’ est bon quand même…) donc si la tornade arrive, c’est moi la première qui m’envole. Je sais bien que beaucoup de mes collègues pèsent 120 kg (français pas américains) mais c’est pas une raison pour se moquer du sort de ceux qui font moins de la moitié de leur poids.

Les pompiers se pointent, il y en a un avec une liste qui a l’air de nous compter (moi je préférerais qu’il se dépêche à compter sinon il y en a qui vont disparaître dans la tornade pendant qu’il a le dos tourné… ce qui va donc fausser les comptes et il devra tout recommencer…). Et puis l’alarme incendie s’éteint et nous retournons tous à nos bureaux… ce n’est qu’après la deuxième alerte tornade que j’ai appris qu’en fait il s’agissait d’une banale alerte incendie se déclenchant par hasard au même moment où je commentais la tornade avec mes collègues… certes les américains sont fous, mais pas autant quand même.

Je repars donc à mon bureau et poursuis mon travail acharné avec les accidents de voiture :
L’assuré : « Oui, cet espèce d’idiot m’a foncé dedans ! »
Moi : « Ce que je ne comprends pas c’est que la voiture de « cet idiot » était garée et qu’il n’y avait personne dans la voiture… »
L’assuré : « … » « euh… oui… je vois ce que vous voulez dire… … … oui mais il était très mal garé !!! »
Entre deux clients mal lunés qui voudraient que je leur loue une Mercedes pendant que leur 1983 Renault 5 est au garage (oui je sais il n’y a pas de Renauld 5 aux USA… c’est juste une traduction pour que tout le monde comprenne), entre deux clients donc, je constate qu’un petit dessin de tornade est apparu sur mon ordi.
Moi : [dans ma tête] « ah ben ils sont équipés les américains ! Mon ordinateur me prévient des risques de tornades dans la région ! »
J’appelle une cliente qui a foncé dans une biche :
La Dame : « Oui !!! Cette idiote de biche m’a foncé dedans ! »
Moi : « Ce que je ne comprends… »
Mon superviseur : « Euh… Sandwine… il y a une tornade… il faut évacuer… »
Moi : « … ????? !!!!!!???????.... ?????..... !!!!! » [à la dame : « je suis désolée… euh… !!!!.... mes condoléances au cerf (bon d’accord ça je l’ai pas dit)…. Je dois évacuer ! Il y a une tornade ! Je vous rappelle !... »
Et là je me retourne pour évacuer… il n’y a plus un chat dans le bureau… je suis seule avec mon superviseur… tout le monde avait déjà évacué depuis belle lurette… très certainement lorsque le charmant petit dessin de tornade est apparu sur leur écran… je cours donc dans tous les sens (oui parce que d’abord, on a pas reçu la formation comment évacuer en cas de tornade (scandaleux !) donc je suis d’accord pour évacuer mais je ne sais pas où…). Heureusement, mon superviseur, lui, a été formé, et me guide donc aux escaliers centraux. Nous avons donc passé une 15aines de minutes dans les escaliers :
 
On voit bien, a ma tête,
 la terreur qui nous a tous envahie...
Sur mon portable il y a un petit triangle rouge.
Moi : « zut alors ! J’ai plus de connexion ! Ça doit être à cause de la tornade qui s’est embarqué l’antenne VERIZON Wireless (je sais… c’est la classe…). J’essaie donc de capter, bouge mon téléphone dans tous les sens. Ben oui parce que je voulais envoyer un texto à ma mère quand même ! Genre : « il y a une tornade, nous nous sommes cachés dans les escaliers pour qu’elle ne nous voie pas donc tout va bien… et si tout ne va pas bien… ben… prépare le café parce que j’arrive (oui la tornade c’est plus rapide et moins cher qu’air France)… ». Puis tout à coup, j’ai découvert que non seulement je captais très bien, mais qu’en plus le petit triangle rouge, comme la plus part des triangles rouges c’était un texto qui disait :

EXTREME ALERT
Tornado Warning in this area til 2 :45 PM MDT.
Take shelter now. Check local media. - NWS

En français ça donne:
ATTENTION!!!!
Alerte tornade dans les environs jusqu’à 14:45.
(bouge tes fesses de ton bureau) et va te planquer dans un bunker (ah oui ? et ils sont où les bunkers dans un pays où il n’y a pas eu d’invasion Nazi ?). Regardez les médias locaux (oui ça c’est parce que les américains ils aiment bien la télé même en cas de tornade).

Heureusement qu’ils m’avaient envoyé ce texto que j’ai découvert une fois la tornade passée…
Puis notre grand chef indien a passé la tête par la porte et a dit : « c’est bon ! La moitié de l’immeuble s’est envolé mais la tornade est passée… »… il est drôle notre chef…

Nous sommes tous immédiatement repartis à nos bureaux pour continuer à travailler… ben oui parce que le problème des tornades, c’est pas qu’elles sont dangereuses… c’est qu’elles abîment les voitures de nos assurés… et après c’est qui qui doit les remplacer ???? C’est bibi !:

L’assuré : « Oui ! Cette idiote de tornaaaaade !!!! »


Sur ce, je vous laisse avec une chanson de circonstance :

samedi 24 mai 2014

Comment La Sandrinette s'est bien moquée du consulat américain, ou comment la Sandrinette elle va moins rigoler quand elle sera interdite de sol en France pour ses prochaines vacances...

Vous pensiez que La Sandrinette n'employait le sarcasme que dans le monde virtuel de son blog.... voici la preuve que non.


Il y a exactement 3 jours, j'ai reçu ce "courriel" (terme employé a l’étranger par les français qui ne savent plus parler leur langue mais qui veulent faire croire que si; ou par les étrangers qui veulent qu'on pense qu'ils parlent bien le français):

Madame, Monsieur, (Sandrine jusqu’à preuve du contraire, c'est Madame...)

Au titre de l’article 2 de la Loi du 7 juillet 1977 (quand ça commence comme ça tu te dis que tu vas au moins aller en taule...), les électeurs français qui ont été admis à exercer leur droit de vote dans un Etat membre de l’Union Européenne autre que la France (c'est a dire l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne pour moi), ne participent ni au scrutin en France (ça tombe bien, je suis aux Etats-Unis), ni à celui organisé par les postes consulaires (ça tombe moins bien, je suis aux Etats-Unis). L’article 13 de la Directive 93/109/CE du 6 décembre 1993 (Ah on fait le malin avec ses technicismes! L'article le, la les de la directive a droite, a gauche, au centre et au milieu, 4x5/234= Pi 7 au carré du 12 décembre 1492 lorsque Christophe Colomb a découvert l’Amérique comme la Sandrinette)  prévoit un échange d’informations entre Etats membres. (oui et alors, qu'est-ce que je m'en fou que vous échangiez des informations?).

Les autorités du pays de l’Union européenne dans lequel vous avez résidé (euh... lequel?) ont récemment fait savoir à l’INSEE que vous étiez inscrit(e) dans une de leur commune pour voter pour les élections européennes (c'est gentil d'avoir prévenu l’intéressée en temps et en heure...). Vous ne pourrez donc pas voter pour une liste en France le 24 mai 2014 (ni dans un bureau de vote de notre circonscription consulaire). [Youhou!!!]

 Pour les élections européennes, vous devrez voter uniquement dans votre commune en Europe. (Donc dimanche je débarque en Europe et j'ai 24 heures pour essayer de voter à Séville, à Turin ou à Cologne...) Vous pourrez voter en revanche pour les élections des Conseillers consulaires qui ont lieu le même jour. (Ouf! Heureusement! Ça faisait des mois et des mois que j'attendais impatiemment le jour ou je pourrais enfin élire mes conseillés consulaires!)

 Pour plus de renseignements, vous pouvez nous contacter via courriel (c'est ce que je disais... le consul il a passé trop de temps aux Etats-Unis) à cette adresse Internet : elections.los-angeles-fslt@diplomatie.gouv.fr.

 Je vous prie de croire, Madame Monsieur, à l'assurance de ma considération distinguée.


La réponse de la Sandrinette n'a pas été aussi polie: 
[Le texte que vous allez lire est tiré de fait plus que réels puisque qu'il s'agit de mon copier-coller au consul. AVERTISSEMENT: L'auteure est une professionnel qui ne vis pas en France, ne le reproduisez pas chez vous...]

Madame, Monsieur,

C'est avec surprise que j'ai découvert  votre message ci-dessous, m'informant que je ne pourrai pas voter pour les élections européennes dans la circonscription américaine dans laquelle je suis inscrite, et me conseillant de voter dans la commune européenne dans laquelle je serais inscrite.  À $1200 le billet d’avion, je crois que je vais plutôt aller grossir la liste des abstentionnistes qui frôle déjà l’obésité.

Ayant résidé dans trois différentes communes européennes, je serais curieuse de savoir laquelle des trois a jalousement conservé mon droit de vote. Seriez-vous en mesure de me faire parvenir cette information ainsi que, si ce n’est pas trop demander, le manuel de comment être rayé des listes électorales d’une circonscription européenne lorsqu’on ne sait pas laquelle c’est, ni pourquoi on y est ?

Par ailleurs, Je m’étonne d’être prévenue de ce léger contre temps à quatre jours des élections européennes. Peut-être que si l’on m’avait dit lors de mon inscriptions sur les listes électorales américaines (il y a un an et demi) que je devais me désinscrire d’une des trois communes dans lesquelles j’ai résidé, j’aurais eu le temps d’exercer mes talents linguistiques, ainsi que ma patience, et aurais appelé lesdites communes, l’une après l’autre, pour tenter d’obtenir ma radiation.

Enfin, sachez qu’il paraîtrait que dans ma circonscription américaine (je crois qu’il s’agit du Sud-Ouest), un seul votant s’est exprimé pour les élections des conseillers consulaires la semaine dernière... Je vous laisse deviner de qui il s'agissait...

Sur ce, je préfère vous laisser vaquer à de meilleurs occupations car j'imagine que vous aurez beaucoup de travail lorsque vous dépouillerez les 0 bulletins de vote de ma circonscription dimanche prochain.

Vive la France! Vive l'Europe!

Sandrine D.

PS : Ne le prenez pas trop mal. Les lourdeurs de la bureaucratie française m’ont toujours fait beaucoup rire… enfin surtout depuis que je n’y suis plus confrontée…