jeudi 28 mars 2013

Trouver du travail aux USA (number tou) ou pourquoi je risque fort de ne plus jamais revenir sur le vieux continent !


Lorsqu’on immigre aux USA, une des grandes questions est de savoir si on va être capable de survivre, la deuxième est si on va être capable de vivre l’ « American Dream », (la troisième: si on va grossir, mais ce n’est pas le sujet de ce message…). Ben, de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent, si vous êtes jeune, que vous  n’êtes pas une feignasse et que vous êtes prêt à prendre des risques, IMMIGREZ !

Le gros problème de l’Europe, ce sont les vieux ! Ils sont partout, occupent tous les postes de travail intéressants, refusent de prendre quelques risques que ce soit et se défendent entre eux ! C’est une caste pernicieusement organisée qui saccage les ambitions des jeunes générations numériquement inférieures.


Vous pensez que j’exagère ? Comparons l’attitude de deux entreprises à mon égard :


1) Attitude numéro uane : Les européens. 

Entretien d’embauche au Colorado avec une célèbre école française, présente partout dans le monde y compris à Denver :

Le recruteur : « Ah oui votre CV est très bien. Les profs avec qui je travaille ici n’ont pas de formation ou d’expérience donc ils ne savent pas enseigner. Vous êtes très certainement celle qui aura le plus de connaissances. »


Et là tu te dis, génial ! Il va au moins me proposer un poste de directrice pédagogique !


Le recruteur continue : « Je peux vous confier quelques cours peut-être mais vous comprenez bien que je ne peux pas enlever des cours aux anciens pour vous les donner à vous (ah bon ? Pourquoi ?), vous seriez haïe (et c’est censé me poser un problème ?) »


Le recruteur rajoute : « Bon mais ne vous inquiétez pas, je vais vous trouver quelques cours. J’en ai un par exemple à Boulder le samedi matin que personne ne peux (traduisez « veux »  !) faire (et oui Boulder c’est à une heure de route de Denver et travailler le samedi matin… ben c’est pas la joie). Pour le salaire c’est 24$/heure et au bout de 500 heures on vous augmente d’1$. Donc plus vous avez d’ancienneté, mieux vous êtes payée »


En termes plus clairs et sans langue de bois : « Chère Mademoiselle, vous êtes belle (bon d’accord, ça c’est moi qui l’ai rajouté), jeune, diplômée, expérimentée et dynamique. Nous avions une chance sur 100 million de tomber sur quelqu’un avec votre expérience et vos qualités d’enseignante ici à Denver. Pour autant nous vous proposons :


-récupérer les poubelles des anciens = cours que personne ne veut faire parce qu’ils sont trop loin, que les élèves sont chiants ou que les horaires ne conviennent pas.


-travailler moins que les autres parce que, quand même, priorité aux anciens même s’ils sont incompétents.


-percevoir le salaire le moins élevé de l’école puisque vous venez d’arriver.


En Europe, j’aurais sauté sur l’occasion (on ne refuse pas tant de bonté !) mais aux USA, voilà ce que les boîtes me proposent :


2) Attitude number tou : Les américains.

Entretien d’embauche dans un célèbre cabinet d’avocat :


La recruteuse : « Nous avons des clients hispaniques qui ne parlent pas anglais. Nous avons beaucoup de mal à communiquer avec eux car nos réceptionnistes, bien que bilingues, ne sont pas formées pour comprendre et traduire les questions légales. Vous n’avez aucune expérience en la matière mais je vous propose ce poste parce que 1. vous êtes bilingue 2. vu votre CV, vous êtes quelqu’un qui apprend vite ( !). Je vais vous former, vous apprendre tout ce que je sais. Ça sera long et difficile mais, vue votre intelligence, je ne doute pas que vous y arriviez…»


En termes plus clairs et sans langue de bois : « Chère Mademoiselle, nous cherchions une personne avec une formation universitaire en droit et de l’expérience dans un cabinet d’avocat, vous n’avez ni l’une, ni l’autre, mais comme vous êtes intelligente (et nous savons que vous l’êtes en regardant votre CV…) et qu’en plus vous êtes sympathique (et nous savons que vous l’êtes parce que nous avons passé 3 minutes et demie avec vous) nous allons vous embaucher ( !):


-temps complet


-vacances, assurances, réassurance, retraite et tutti quanti inclus


- 32000$/an! ... bon normalement c’est moins bien payé mais vue votre expérience dans un domaine qui n’a rien à voir avec le nôtre, nous avons décidé de vous payer plus…


-3 ans de formation pour un travail qui peut être extrêmement bien payé aux USA, dans un cabinet d’avocat très prestigieux qui me permettra de trouver un travail haut de gamme en claquant des doigts…

-200 $ et un Twix… (bon ça aussi c’est moi qui l’ai rajouté…)

- Cerise sur le gâteau : le cabinet en question se trouve à 10 minutes à vélo de chez moi, 21 minutes à pied (Google Map quand tu nous tiens !)… vous y croyez-vous ?
Le pire est que pour accepter ce travail, j’ai dû renoncer à un poste d’instit à temps complet dans une école « full immersion » ! Je suis la première personne que je rencontre depuis que je suis née, qui refuse une offre pareille !

Alors, comme me l'a fait remarquer Sarah, il ne faudrait pas vous faire croire, non plus, qu'il est si facile de trouver du travail aux USA. J'ai quand même quelques qualités:


a) Qualité number uane: Je suis une personne extraordinaire:

(bon d'accord, ça c'est moi qui l'ai rajouté...)


2. Qualité number tou: Je suis une vraie bilingue français-espagnol et parler espagnol dans une ville ou 50% des gens sont hispaniques et dont une bonne partie d'entre eux ne parle pas anglais... ben forcément, c'est un gros avantage.


3. Qualité number zri: Avant de venir habiter aux States j'ai vécu dans 4 pays différents, donc quand les types voient mon CV, ils n'osent même pas me demander si j'estime être une candidate prête à relever des chalenges....


4. Qualité number fort de café: bon j'ai quand même un « Master Degree », d'accord, c'est un Master d'Histoire Moderne, pas de droit ou de médecine... mais ça a quand même de la gueule sur un CV, encore plus aux States où la proportion de diplômés et bien inférieure à celle de l’Europe ...

Alors moi je n’ai plus qu’une chose à dire à la célèbre école française présente dans le monde entier et qui adore les jeunes profs :



6 commentaires:

  1. On est d'accord!!! En France ils se foutent de notre gueule si on a moins de 35 ans et qu'on débarque avec un tant soit peu d'ambition!!

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  2. Je ne pense pas qu'en France tout soit noir. Il y a beaucoup de gris. Après 40 ans difficile aussi de trouver un travail. Et combien de jeunes veulent dès le départ un poste à responsabilité une paie qui va avec s'habiller en Hugo Boss et rouler en BMW. En sortant de l'école - j'ai aussi un niveau élevé - on nous avait dit vous devez avoir un salaire minimum de tant, vous avez des diplomes etc etc en réalité au début j'ai commencé petit et j'ai gravit peu à peu les échelons. Maintenant comme tu le dis aux USA ce n'est pas forcément facile et tous ceux qui crachent sur la France n'ont qu'à tenter leur chance ailleurs dans la vie soit on réagit soit on a le comportement typiquement français : on reste dans la situation et on se plaint à propos de tout...

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    1. Chère Carine,
      Merci pour ton intervention !
      Je suis d’accord, la France est un beau pays (voir mon article : http://lapetitesandrinetteauxusa.blogspot.com/2013/01/mythe-number-wane-les-francais-sont-mal.html ) et il y a énormément de choses qui en font un pays attirant. Nous sommes la 5eme puissance mondiale alors que nous sommes un tout petit pays ! Pas mal, hein ? Par contre, il y a des choses qu’on doit changer et une d’entre elle est cette obsession, surtout dans la fonction publique, de tout baser sur l’ancienneté. Je ne suis pas contre donner des avantages aux plus âgées, mais je crois qu’il faut aussi récompenser les efforts des jeunes lorsqu’ils sont talentueux et ambitieux.
      Il y a un gros conflit générationnel en France dont personne ne parle. Ma génération est celle de l’enfant unique alors que celle de mes parents est celle du baby-boom. Ils sont numériquement supérieurs et ont imposé leur vision des choses et leur système en France. Impossible de le faire évoluer car nous sommes numériquement inférieur. « Défendre les acquis sociaux », qu’est-ce que c’est sinon défendre les acquis de la génération 68 : retraite à 60 ans, 35 heures, RSA, système de santé plus que généreux, système éducatif au cout ridiculement bas… magnifique, non ? Sauf que tout a été financé avec l’argent d’investisseurs étrangers et que maintenant nous, ma génération, devons payer la facture.
      Je crois qu’il faut être conscient de tout cela pour pouvoir prendre des mesures. Et je crois que les français sont capables d’évoluer, mais, pour ce faire, il faut un peu critiquer.
      À part ça, J’ADOREEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE la France et J’ADOREEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE travailler avec les français ! (Voilà pourquoi je suis déçue, d’ailleurs, de l’attitude de l’école française de Denver).
      Je te souhaite une bonne continuation Carine où que tu sois dans le monde !
      Sandrine

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    2. Je suis en France. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Je lis énormément de blog d'expatriés souvent très bien fait mais personnellement je pense que certains expatriés tirent à boulets rouge sur la France et trouve que les états unis c'est le paradis - je ne les juge pas mais je pense qu'en tout il faut être modérés dans ses propos. Rien n'est parfait nul part. En France nous avons un système de santé qui ne nous fait pas craindre une grave maladie - sur un plan financier - les jeunes peuvent suivre des études sans avoir à s'endetter sur plusieurs années etc etc....Encore une fois je ne suis pas en train de dire la France c'est mieux mais il ne faut pas tout rejeter en bloc. En ce qui concerne l'administration - j'y travaille - tu peux être aussi motivée que tu veux si tu veux monter il faut passer des concours et parfois quitter sa région pour obtenir un poste intéressant... les français étant souvent sédentaires... mais là c'est un autre sujet....

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  3. Bonjour, serait-il possible que je vous contacte par mail pour vous demander des renseignements ?

    Bien cordialement

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    1. Boujour! Bien sur! Vous pouvez m'ecrire a sandrine.mjs@laposte.net

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